Le conseil général du Val d’Oise a mis à l’honneur le sentier des lisières en publiant une brochure décrivant ce sentier de la forêt de Montmorency, qui est un itinéraire de randonnée de près de 30 kilomètres concernant le territoire de 17 communes situées en périphérie de ce massif. 

Consulter la brochure du sentier des lisières de la foret de Montmorency

Voici ce que l’on trouve à l’intérieur du fascicule, en suivant l’ordre logique de promenade et non pas l’ordre alphabétique des villes contenant un bout de ce sentier des lisières :

sentier des lisières

 

Le sentier des Lisières, mode d’emploi

Des bornes jalonnent le sentier principal (trait rouge), qui traverse le territoire des 17 communes riveraines du massif forestier. Les panneaux thématiques croisés en chemin évoquent le lien étroit qui existe depuis des siècles entre ces villages et la forêt qui les a fait naître. Les chemins de traverse (boucle en violet) invitent à la découverte des éléments de patrimoine bâti ou naturel des communes traversées. Pour faire une courte promenade sans revenir sur ses pas, il est possible de prendre le train pour regagner la ville de départ par exemple entre Saint-Leu-la-Forêt et Bessancourt ou entre Bouffémont et Saint-Brice sous Forêt. Il est temps de partir faire le tour du bois … 

 

1. Saint-Leu-la-Forêt, terre de l’eau vive

Saint-Leu-la-Forêt

A Saint-Leu, l’eau, richesse essentielle, a de tout temps circulé dans la ville. En lisière de forêt, le promeneur peut se reposer au bord du lavoir de l’Eauriette ou s’asseoir près de la Fontaine Maclou et rêver à la rivière et aux étangs qui ornaient jadis le parc du château disparu. A mi-coteau, il croisera les vestiges de l’établissement de la source Méry, qui naguère embouteillait et commercialisait une eau d’une grande pureté. Partout dans la ville, l’eau laisse son empreinte et son murmure résonne au fil des rues, de l’allée de la Source à la rue du Rû, en passant par l’espace Claire Fontaine … Cette eau vive et renommée qui coule toujours à la Fontaine du Moissonneur, faisait, il n’y a pas si longtemps, le bonheur des maraîchers et hommes de la terre.

2. Taverny, terre de vignerons

Taverny

En 754, l’Abbaye de Saint-Denis cultive déjà la vigne à Taverny. Au fil des siècles, d’autres seigneurs font perdre à l’Abbaye le monopole de cette culture ; la vigne n’en poursuit pas moins sa solide implantation au voisinage d’une forêt qui fournit le bois nécessaire à la fabrication des tonneaux et des cuves. Abandonnée par une population décimée par les guerres et les pestes du XIVème siècle, la culture de la vigne prend un nouvel essor du XVème siècle. Au XIXème siècle, l’extrême rigueur de l’hiver de 1879, la concurrence des vins du Languedoc acheminés à Paris par les chemin de fer, la rentabilité des arbres fruitiers et des cultures maraîchères, accélèrent le déclin de la vigne que l’attaque massive du phylloxéra achèvera à la fin du siècle. En 1900, il n’ y a plus que quelques hectares de vigne à Taverny. En 1993, Taverny remet à l’honneur son terroir en inaugurant le 20 novembre, sur les coteaux orientés sud-est de la sente des Tartarons, 2600 m2 dédiés à la vigne. Placée sous la responsabilité d’un oenologue, elle est entretenue par les jardiniers municipaux. Chaque année, des animations sont proposées aux Tabernaciens autour des vendanges des 300 ceps de Chardonnay et des 300 plants de Sauvignon qui produisent une centaine de litres de vin blanc sec. La plantation de 200 ceps de Pinot noir en 2006 permet l’élaboration de vin rouge. Depuis la première récolte en 1997, la qualité du vin ne cesse de se bonifier.

3. Bessancourt, terre de maraîchage

Bessancourt

Jusqu’à la fin XIXème siècle, Bessancourt est avant tout un village de vignerons. A côté d’une agriculture de subsistance (céréales, graines potagères, plantes textiles, arbres fruitiers), la vente de vin est la principale activité économique de la commune. Le développement du chemin de fer fait connaître et apprécier les vins du sud, plus doux au palais, au détriment des vins locaux, moins goûteux. Rapidement la vigne perd du terrain, passant de 20 ha en 1880 à 1 ha en 1900. A la même époque, la mise en place de l’épandage agricole, grâce à un réseau d’irrigation, fertilise les sols sableux de la plaine et le maraîchage devient rentable. Les anciens vignerons, devenus maraîchers vendent leur production sur les marchés environnants ou la portent en charrette à cheval jusqu’aux Halles de Paris. D’autres s’adressent aux approvisionneurs qui profitent de l’arrivée du train pour expédier leurs marchandises. Aujourd’hui, cette activité devient marginale et l’espace qu’elle libère fait l’objet d’une réflexion dans le cadre du maintien d’une ceinture verte en Ile de France.

4. Frépillon, terre maraîchère devenue céréalière

Frépillon

Au Moyen Âge, les abbayes voisines de Maubuisson et de Notre Dame du Val possèdent à Frépillon, bois, terres, vignes et fermes céréalières. Cette activité agricole diversifiée demeure au XVlllème siècle avec la vigne, les arbres fruitiers et les cultures céréalières. Ce voisinage de cultures donne une « grande variété d’aspects ». Au XIXème siècle, l’arrivée du chemin de fer permet le développement du maraîchage dont les produits se vendent sur les marchés de la région mais aussi aux Halles de Paris, qui offrent de vastes débouchés. En 1900, on compte sur le territoire de nombreux arbres fruitiers, cerisiers de Montmorency, pruniers, noyers … Un marché aux fruits se tient chaque année sur la place de la mairie. On cultive aussi l’asperge, les haricots, les oignons, les pois, les poireaux … Dans les années 1960, la mutation des circuits commerciaux entraîne la disparition des petits exploitants qui font place à la culture extensive de céréales pour quelques grandes exploitations situées sur les communes alentour.

5. Villiers-Adam, le regard à perte de vue

Villiers Adam

Le village de Villiers-Adam, regroupé autour de son église du Xlllème siècle, offre cette image équilibrée, maintes fois peinte, du village rural dominant le panorama typique de l’Ile de France et ses opulentes cultures céréalières. Sur les pentes d’un promontoire de quelques 155 mètres de haut, il est à la charnière des forêts de l’Isle-Adam et de Montmorency qui ferment l’horizon au nord et au sud. A l’ouest comme à l’est, le paysage de ce corridor écologique est un horizon à explorer vers les vallées de l’Oise et de la Seine, et le plateau du Vexin, comme vers le Pays et la Plaine de France jusqu’à Roissy. Quittant le Sentier des Lisières pour le chemin de traverse qui conduit au village, apprenez ce regard à perte de vue, qui inspira si souvent les peintres voisins d’Auvers sur Oise.

6. Béthemont-la-Forêt, ses châtaigniers remarquables

Béthemont

Les plus anciens châtaigniers de la forêt, enracinés depuis 400 ans au bout de la rue de la Forge, témoignent de l’histoire du village. A la suite de l’essartage, des défrichements pratiqués au Moyen Âge, le village de Béthemont-la-Forêt apparaît au Xllème siècle, à mi-pente sur le versant nord de la butte de Montmorency. Pour répondre aux besoins de la viticulture pratiquée sur le versant sud et dans la vallée de Montmorency, les moines introduisent la culture du châtaignier. Il est essentiellement cultivé en taillis : les jeunes pousses sont utilisées pour fabriquer les échalas (tuteurs) des vignes, les cercles des tonneaux, les clos des pièces de vigne et les claies (clôtures) qui protègent les cultures du gibier. Jusqu’en 1950 l’activité économique du village repose sur l’agriculture et l’exploitation du bois de châtaignier. Aujourd’hui le taillis de châtaignier est utilisé pour fabriquer pâte à papier et panneaux de particules. Les arbres de plus gros diamètre sont transformés en éléments de charpente, parquets, meubles, bois de placage. L’ensemble du territoire de Béthemont-la-Forêt appartient au site classé de la Vallée de Chauvry, située entre la forêt de l’Isle-Adam et celle-de Montmorency, qui autrefois n’en faisaient qu’une. La qualité de ce corridor biologique, des espaces naturels agricoles et du paysage est ainsi protégée durablement de la pression urbaine.

7. Chauvry, une tradition pastorale

Chauvry

Aux Xlllème et XIVème siècles, les herbages et bruyères des pacages forestiers sont très recherchés et la forêt fournit aux porcs, vaches et moutons l’essentiel de leur nourriture. Les prés dégagés autour des moulins se prêtent également au pâturage. Les moines cisterciens pratiquent l’élevage des « bêtes à laine » par centaines qu’ils font mener paître par leurs bergers. Ces moutons alimentent de leur toison l’industrie drapière de Paris et Saint-Denis. A Chauvry, les paysans peuvent mener leur troupeau sur les pâtures communales sans avoir à payer de redevance au seigneurs; c’est la seule commune des environs à bénéficier de ce privilège. A partir de 1850, l’élevage des « bêtes à laine » décroit régulièrement pour quasiment disparaître un siècle plus tard. Aujourd’hui la tradition pastorale se poursuit à la Ferme de Chauvry où un troupeau de 160 chèvres, de race alpine pour la plupart, bénéficie d’une alimentation traditionnelle produite sur l’exploitation ou dans la région: herbe, foin de prairie, luzerne fraîche ou sèche, orge, maïs, pulpe de betterave sucrière. Leur lait permet de fabriquer sur place des fromages savoureux, médaillés au concours agricole! La traite a lieu tous les soirs de 17 à 18 heures, la porte est ouverte …

8. Baillet-en-France, un étang presque millénaire

Baillet en France

L’étang du Bois de Baillet est issu d’une ancienne mare connue dès le XIlème siècle sous le nom de mare des Nonnes ou mare des Noues. Elle est alimentée par les eaux de ruissellement de la forêt de l’Isle Adam et le ruisseau de Chauvry. Cette mare se trouvait initialement à une cinquantaine de mètres plus au sud ouest de l’étang actuel. Son déplacement au cours du XIIIème siècle tient à des raisons de salubrité, à la volonté de récupérer des terres, et d’améliorer ses capacités de « mare à poissons» , importante source de profits à une époque ou le poisson est la seule chair autorisée par l’Eglise pendant les jours maigres et le Carême. A partir du XVIlème siècle, cette mare connaît divers aménagements paysagers, de l’époque de la construction du « château» de 1645 à celle du centre de vacances en 1980, tout en gardant sa fonction de vivier. Aujourd’hui, propriété de la commune, l’étang est entretenu par une association de pêcheurs. Son eau peu profonde, rapidement réchauffée par le soleil, permet la prolifération de plancton, de larves aquatiques, de petits crustacés qui servent de nourriture aux alevins des brochets, sandres, perches, carpes, gardons … Poules d’eau, canards, foulques et hérons ne sont pas en reste. Une belle réserve de biodiversité à protéger.

9. Bouffémont, une tradition équestre

BouffémontA la fin du Xème siècle, le grand mouvement de défrichement et d’essartage des forêts libère de la terre pour la culture et favorise la naissance de nouveaux villages. C’est ainsi qu’apparaît Bouffémont au début du XlIème siècle, village agricole et forestier dans lequel hommes et chevaux sont compagnons de labeur- L’invention au Xème siècle du collier d’épaule rigide, qui permet d’utiliser pleinement la force du cheval sans qu’il s’étouffe, met cet animal au coeur des activités agricoles en Ile de France. A Bouffémont, des chevaux dépendent le travail de la charrue, de la herse, le transport en charrettes et chariots, à l’intérieur des exploitations et vers les différents marchés. Malgré le développement de la mécanisation des outils agricoles, les agriculteurs restent attachés à leurs chevaux jusqu’au milieu du XXème siècle. Le lave-sabot dans la cour de l’ancienne ferme, rue de la république, témoigne de la place que le cheval a longtemps occupé dans la vie de la commune. Aujourd’hui, cheval de trait et cheval de transport ont disparu. Le Haras de Bouffémont, réputé pour ses performances en concours de sauts d’obstacles, pour la qualité de son poulinage et de son élevage, le succès du Poney club du chemin des moutons, traduisent le goût pour l’équitation sportive et de loisir. En forêt, l’intérêt suscité par les quelques opérations de débardage à cheval et la présence depuis 2003 de la brigade équestre pour protéger le milieu forestier, informer et secourir les promeneurs, montrent que le cheval n’est pas réductible à un animal de compagnie. Ressource inépuisable, protecteur de l’environnement et médiateur social, le cheval est un atout du développement durable.

10. Domont, terre de feu

Domont

Au moyen-âge des tuileries et briqueteries sont installées en lisière de la forêt de Montmorency, là où se trouvent la terre glaise et le bois nécessaire à sa cuisson. A Domont, l’activité briquetière industrielle est fondée en 1865 par Joseph Marchand père et fils, associés à Lerouge aux Vinciennes, près du Fort. En 1866, M. Marchand demande de prolonger le train d’Enghien-Montmorency (le Refoulons) jusqu’à Domont, pour expédier sa production vers Saint-Ouen et Paris. La « Brique de Domont» créée en 1895, connaît un essor exceptionnel avec l’exposition universelle de 1900 ; les briqueteries se multiplient dans la plaine pour répondre à la demande croissante. La cuisson « à la flamande» en plein air, très polluante, fait place à la cuisson en continu dans un four tunnel circulaire, le four Hoffmann dont la cheminée haute de 30 mètres recrache une fumée légère. En 1926, Domont compte une douzaine de briqueteries. Après 1950, les modes de construction changent: parpaings de ciment, panneaux préfabriqués, acier, verre détrônent la brique. A Domont, les derniers fours s’éteignent en 1970, tandis que pavillons, villas, immeubles de rapport en brique et meulière, témoignent encore de l’âge d’or de la brique. Aujourd’hui, les vestiges des anciennes briqueteries à l’immense cheminée ont disparu, seul un front de taille de terre glaise est toujours visible dans le parc des coquelicots …

11. Piscop, terre de pâturage

Piscop

Au XIIème siècle, les forêts de CarneIle, l’Isle-Adam, Montmorency et le bois d’Ecouen forment un massif d’un seul tenant. Nés d’essartages du Xlème siècle, Le Luat, Pontcelles et Blémur ne sont encore que des clairières de Piscop tenues par des écuyers. Les fiefs changent de main aux cours des siècles. Les paysans et leurs seigneurs ont le souci d’équilibrer leurs récoltes; malgré la rentabilité de la vigne, ils cultivent aussi le blé, l’avoine, le seigle ainsi que des fruits et légumes dans leur potager. Au XIXème siècle, les fermes du Luat et de Blémur produisent céréales et betteraves sur des dizaines d’hectares. La vigne fait place aux arbres fruitiers, en particulier aux poiriers et aux cultures maraîchères (poix, haricots, poireaux, artichauts et asperges) que les cultivateurs vendent aux Halles de Paris ou sur les marchés alentour. Les seuls animaux en nombre sont les chevaux de trait, dont l’abreuvoir, dans la rue du même nom, garde la mémoire. Au début du XXème siècle, l’élevage de bovins pour la production de viande et de lait se développe à la ferme de Blémur. Les vaches de race Frisonne Holstein pâturent dans les prés et leur lait satisfait la demande locale. L’augmentation de la production correspond en 1960 à l’apparition du lait conditionné sous vide, puis en 1968, du lait « longue conservation ». La vente de lait frais à la ferme chute, l’essentiel de la production est collecté par une coopérative de Haute Normandie qui cessera le ramassage en 2oo6. Aujourd’hui, maraîchage, poiriers et vaches laitières ont disparu. Des boeufs pâturent dans des prés en lisière de forêt, et de larges prairies accueillent des chevaux et des poneys de loisir.

12. Saint-Brice-sous-Forêt, des jardiniers aux arboriculteurs

Saint Brice sous forêt

Adossé aux buttes de Montmorency et d’Ecouen, le terroir de Saint-Brice est un lieu de riche culture. Au nord et à l’est prédominent pendant des siècles les terres labourées, plantées de cultures céréalières : orge et froment, de luzernières et de cultures maraîchères: pois, haricots, raves et navets… Jusqu’en 1885, la vigne tient une grande place sur les versants bien exposés, au sud et à l’ouest. En 1661, Louis XIV confie à La Quintinie, la direction de son potager de Versailles qui compte 209 variétés de poires… Ce modèle royal inspire l’aristocratie. L’arboriculture fruitière est ainsi introduite à Saint- Brice dès le XVllème siècle avec le développement d’une villégiature aristocratique. Les jardins potagers, avec leurs arbres fruitiers en espaliers et buissons, font l’objet de grands soins, et produisent, pêches, abricots, cerises, figues, fruits rouges, pommes et poires. Pour répondre à la demande parisienne, vers 1870, l’arboriculture paysanne connaît son plein essor. Sous l’impulsion de pépiniéristes venus de Montreuil, pommiers et poiriers remplacent peu à peu la vigne. Une partie de la production de poires est dirigée sur l’Angleterre. L’urbanisation de la fin du XXème siècle fait disparaître la majeure partie des vergers de poiriers et de pommiers de Saint-Brice. Seuls continuent à fleurir et à fructifier ceux des Rougemonts et du Mont de Veine.

13. Montmorency, une cerise emblématique

Montmorency

La forêt est un des principaux attraits de la ville de Montmorency qui la jouxte. La flore y est très belle et variée, avec une dominante de châtaigniers mais aussi de chênes, hêtres, sapins, bouleaux, houx … Cette ville a de tout temps attiré les amoureux de la nature et a accueilli de grands noms du patrimoine culturel français comme Anne de Montmorency, André Grétry ou encore Jean-Jacques Rousseau. Du Moyen Âge au XIXème siècle, le territoire de la ville était couvert de différentes espèces de cerisiers, parmi lesquelles la griotte, à courte et à longue queue, qui deviendra célèbre au point de porter le nom de Montmorency. Celle-ci a inspiré maintes chansonnettes, rimailleries et saynètes tout au long du XIXème siècle. A présent, la plupart des vergers ont disparu mais les cerisiers donnent toujours, au début de l’été, dans les jardins, la fameuse griotte aimée de Madame de Sévigné et de Voltaire. Afin de reconstituer ce patrimoine fruitier, la commune s’est engagée en 2008 dans le projet de plantation de « 1000 cerisiers pour Montmorency». Les premiers arbres ont été plantés sur la Place des Cerisiers et au Parc de la Serve.

14. Andilly, de manoir en château

Andilly

Terre de nombreuses seigneuries, Andilly accueille sur ses coteaux depuis le XVlème siècle de grands domaines bénéficiant de points de vue exceptionnels. Ces châteaux autrefois habités par des familles illustres, ces vastes maisons bourgeoises du XIXème siècle ont trouvé de nouvelles vocations: maisons de retraite, de soins ou de repos, bâtiments communaux. Le château des sources permet à l’habitant et au promeneur d’apprécier l’harmonie d’une demeure de pierre, de briques et de bois, caractéristique de la fin du XIXème siècle, puisqu’il abrite aujourd’hui l’Hôtel de ville entouré de son parc.

15. Margency, de parc en parc

Margency

Depuis la fin du XVlème siècle, le hameau de Margency n’a cessé de revendiquer son indépendance à l’égard d’Andilly. L’autonomie acquise par la création de la paroisse en 1699, sera confirmée en 1792 par l’obtention du statut de commune. Son territoire est structuré par des fiefs très anciens, dont certains noms et périmètres ont perduré. Ils sont à l’origine des 6 parcs d’aujourd’hui dont 4 sont publics: le parc de la Mairie, le parc de la Tuilerie, le parc Istel et le parc de la Renaudière. Au milieu du XIXème siècle, le fief de Bury se transforme en résidence bourgeoise : un château est construit par l’architecte Visconti, un parc paysager aménagé par Louis Sulpice Varé (plus connu pour la création du Bois de Boulogne). Les arbres du parc de la Mairie et de Bury en gardent la mémoire. Malgré sa surface exiguë – 72 hectares – la commune a su préserver ses châteaux et ses grandes demeures bourgeoises du XIXème siècle, avec leurs pièces d’eau et leurs parcs peuplés d’arbres rares. Aujourd’hui, bien entretenus et largement accessibles au public, ces parcs constituent l’originalité de cette commune, où la nature bien protégée garde une place remarquable.

16. Montlignon, terre de pépiniéristes

Montlignon

Au XVlllème siècle, en Ile de France, la noblesse et une « bourgeoisie des affaires» fortunées, édifient de nombreux châteaux avec parcs et jardins. Les pépiniéristes de Montlignon, qui fournissent les arbres nécessaires pour l’aménagement des parcs d’agrément et les collections d’arbres fruitiers alors à la mode, connaissent une forte expansion. Sous le 1er Empire et la Restauration, cette activité se développe de nouveau: les commandes affluent, de la noblesse impériale et royale, et de la bourgeoisie qui veut prouver sa réussite. En 1852, Napoléon III confie l’aménagement du Bois de Boulogne à Louis Sulpice Varé. Celui-ci commande à son ami pépiniériste de Montlignon, Antoine Jean Monneau, la fourniture de 400 000 arbres et arbustes. Seule l’entraide entre pépiniéristes permet de faire face à une telle commande! La réussite de l’entreprise consacre la renommée des pépiniéristes de Montlignon. A l’aube du XXème siècle, le déclin de la vigne en vallée de Montmorency conduit au développement de l’arboriculture fruitière qui renouvelle l’activité des pépiniéristes. Depuis cinquante ans, l’urbanisation et le développement des chaînes de jardineries ont fait disparaître les pépiniéristes locaux. Aujourd’hui, dans toute la vallée, les grands arbres des parcs demeurent les témoins durables de cette activité tricentenaire.

17. Saint-Prix, des naturalistes à la biodiversité

Saint prix

Autour des années 1760, Jean-Jacques Rousseau, installé à Montmorency, vient fréquemment herboriser dans le vallon du Château de la chasse à Saint-Prix. Vingt ans plus tard, Louis augustin Bosc qui suit assidûment les cours de botanique au Jardin du Roi, découvre le site au cours de ses herborisations en compagnie des élèves du botaniste Jussieu. Saint-Prix est déjà reconnue par les naturalistes. Au XIXème siècle, de grandes propriétés entourent l’ancien village – Victor Hugo séjourne quelques temps dans l’une d’elles. Progressivement les vignes et les cultures sont remplacées par des vergers réputés pour leurs prunes et cerises. Au XXème siècle, l’urbanisation gagne progressivement l’ensemble du territoire. Les vergers laissent donc place aux opérations immobilières; vers 1960, la mutation des circuits commerciaux met fin à l’exploitation des arbres fruitiers. En 2003, la Commune et le Département créent un Espace Naturel Sensible, composé de milieux variés, espaces boisés, vergers clôturés de haies champêtres, prairies et vignes pour protéger et valoriser la biodiversité : une flore variée, des espèces fruitières aujourd’hui rares, 47 espèces d’oiseaux et 150 d’insectes … La création d’un rucher pédagogique permet aux abeilles, sentinelles de la biodiversité, de contribuer à la sauvegarde de cet écosystème désormais protégé.